C'est quoi la koinè ?
La koinè
Quand on parle de la bible, et particulièrement du Nouveau Testament, on parle souvent de Koinè. Mais alors c'est quoi la koinè ?
I) La langue grecque
La langue grecque, n'a jamais été unifiée dans l'antiquité. Il y a toujours eu plusieurs dialectes, plusieurs manières de prononcer, plusieurs règles grammaticales, et plusieurs variantes locales de l’alphabet grec. On voit par exemple le dialecte Ionien, parlé en Asie mineure (Turquie actuelle), le dialecte attique, parlé dans la région d'Athènes, ou le Dorien, parlé dans le Péloponnèse.
Outre ces dialectes l'époque importe beaucoup. Le grec homérique qui date du VIIIe siècle avant J.-C. n'est pas le même que le grec classique même dans le même dialecte. Ainsi Homère et Hérodote écrivent tous les deux en Ionien, mais le premier au VIIIe siècle avant J.-C. et l'autre au Ve siècle avant J.-C. Et on peut noter de grandes différences dans leurs écrits. Ainsi, on peut différencier trois grandes époques pour le grec ancien : le grec archaïque (VIIIe-VIe siècle av. J.-C.), le grec classique (Ve-IVe siècle av. J.-C.), et la koinè (IVe siècle av. J.-C. - VIe siècle). Après le VIe siècle nous passons sur du grec byzantin qui n'est plus du grec ancien, mais du grec médiéval.
La koinè est donc une langue qui apparait à l'époque hellénistique (-323 à -31), c'est un dialecte attico ionien, donc un mélange du dialecte d'Athènes et d'Asie mineure. Elle se développe surtout après les conquêtes d'Alexandre le Grand, quand le monde grec est à son paroxysme, et que des peuples entier doivent apprendre le grec. En effet, les royaumes grecs comportent les territoire de l'ancienne perse (Nord de l'Arabie) jusqu'en Inde, mais aussi l'Egypte, le Levant, la Grèce, la Macédoine. Et on retrouve des inscriptions grecques en Gaule, à Rome, en Espagne, à Carthage (Tunisie).. C'est donc tout le monde méditerranéen, proche oriental et moyen oriental qui parle grec. Son nom vient d'ailleurs du mot κοινὴ qui veut dire "commune" justement car elle est pour tous, et résout les problèmes de compréhension lié aux dialectes.
C'est donc en cette langue que l'Ancien Testament a été traduit au IIIe siècle avant J.-C., c'est ce qu'on appelle Les Septantes. C'est aussi en cette langue que le Nouveau Testament a été écrit. Même si on pourrait le nuancer car certains passages de l'évangile de Matthieu paraissent être une traduction directement de l'hébreu ou de l'araméen. Et c'est aussi en cette langue qu'une majorité des pères de l'Eglise s'est exprimé.
II) Caractérisation
Par rapport aux autres dialectes la koinè est une langue simplifiée, une grammaire plus facile que celle du grec classique et un vocabulaire littéraire moins riche. Tout est fait pour que ce soit une langue simple à apprendre et simple à comprendre. C'était donc une langue parfaite pour l'écriture du Nouveau Testament. Grace à ça, les textes ont pu être diffusés rapidement et compris partout. Néanmoins, cela reste du grec ancien, donc avec des nuances complexe, un vocabulaire qui peut se développer par agglomérat. Par exemple le mot πολυέλεος (poluéléos) "plein de miséricorde" est construit dans la bible par les mots πολυ (plein) et έλεος (pitié). Et ce mot apparait pour la première fois dans les Septantes Exode 34:6. La koinè permet ainsi de créer de nouveaux mots et concepts par la composition d'autres mots.
Donc c'est une langue aussi simple à apprendre que complexe, pour exprimer les moindres petites nuances.
Maintenant même au sein des locuteurs de la koinè il y a des différences. La koinè orientale, notamment biblique, qui est marquée par des tournures sémitiques, visibles dans la syntaxe et le rythme des phrases. Tandis que la koinè athénienne reste plutôt dans un classicisme grec. Ce sont plutôt des variétés régionales que des dialectes.
La koinè est donc une langue unifiée mais non uniforme, plus simple que le grec classique, sans être pauvre, et suffisamment souple pour porter un message théologique universel.
III) Conclusion
Quand on parle de koinè on parle de la langue grecque qui s'est développée après les conquêtes d'Alexandre dans les régions qu'il avait conquises. Cette langue est commune, et plus simple que le grec classique, mais elle permet d'expliquer les choses avec tous les nuances nécessaires pour comprendre au mieux la révélation de Dieu. C'est aussi la langue des premiers pères de l'Eglise, et plus généralement des premiers chrétiens, outre l'araméen à Jérusalem.
